JULIE VICTOIRE DAUBIE
Quand elle présente sa candidature à l'examen à l'Université de Paris, sa candidature est refusée au seul prétexte qu'elle est une femme. Pourtant, aucun texte n'interdit aux femmes l'accès à l'Université.
Après de multiples démarches, avec l'aide de François Barthélemy Arlés Dufour, un saint simonien et industriel lyonnais très influent dans les milieux académiques et à la cour impériale, et, forte de son succès au concours lyonnais de 1859, elle finit par obtenir son inscription à Lyon.
Enfin, le 16 aout 1861, elle obtient son baccalauréat en totalisant six boules rouges, trois boules blanches, une boule noire. Ce système de boules était le moyen de vote des professeurs examinateurs. En ce temps-là, ils ne calculaient pas de moyenne. Une boule rouge signifiait un avis favorable, une boule blanche, une abstention, une noire, un avis défavorable. Elle doit pourtant attendre encore longtemps son diplôme de bachelier ès Lettres. Prétendant qu'il « ridiculiserait le ministère de l'Instruction publique », le ministre Gustave Rouland refuse de le signer. Il faut une intervention pressante d'Arlès-Dufour auprès de l'entourage de l'impératrice Eugénie et une campagne de presse menée par Léon Richier pour que l'ordre soit donné à ce ministre d'apposer sa signature au bas du diplôme.
Victoire Daubié continue à travailler pour préparer sa licence ès lettres bien qu'elle ne puisse pas assister aux cours en Sorbonne (l'examen est accessible aux femmes, mais les cours leur sont encore interdits). Elle réussit son examen le 28 octobre 1872 et devient la première licencié (sans e) ès Lettres, l'intitulé du diplôme de licence comme celui du baccalauréat n'existe qu'au masculin.
Aussitôt elle décide de préparer une thèse de doctorat dont le sujet sera La Condition de la femme dans la société romaine. Sa mort laissera cette thèse inachevée. La même année, elle s'établit à Fontenoy pour veiller sur sa mère âgée et malade.
Elle est profondément affectée par l'interdiction à la vente, par voie de colportage de trois ouvrages que son association pour « l'émancipation progressive de la femme » présidée par Arlès-Dufour et dont elle est vice-présidente, a édités.
Fresque murale à Fontenay le chateau représentant Julie Victoire passant son baccalauréat
Julie-Victoire Daubié aura partagé sa vie entre ses luttes pour l'émancipation de la femme dans la société contemporaine ( mariage, conditions de travail, formation professionnelle, rémunération, droit de vote, etc.), ses engagements dans les mouvements de l'histoire du temps, son travail de préceptrice, ses relations politiques, journalistiques et amicales Jules Simon, Leon Richer, Marie d'Agoult, Juliette Edmond Adam etc.....
A suivre......